Par La Rédaction, le 28/06/2011
Plus de sept salariés des grandes entreprises françaises sur dix se déclarent satisfaits de leur situation professionnelle actuelle. C’est ce que révèle une enquête Ifop-Michael Page* réalisée à l’occasion du Trophée du Capital Humain. Cette satisfaction globale, stable par rapport à l’année dernière, est cependant à nuancer : seulement 9% des personnes interrogées se disent « très satisfaites ». Les hommes (75% de satisfaction), les plus de 50 ans (74%) et les cadres supérieurs (79%) apparaissent comme les catégories les plus enthousiastes.
La fierté d’appartenance remonte
80% des salariés se disent fiers d’appartenir à l’entreprise dans laquelle ils travaillent, contre 72% en 2010. La hiérarchie des critères justifiant ce sentiment a évolué en un an : ce n’est plus la notoriété de l’entreprise qui arrive en tête (51% des citations en 2010 contre 37% en 2011), mais la qualité de ses produits et services. Les critères qui recueillent le moins de citations sont l’engagement de l’entreprise en matière de développement durable (7%) et sa politique RH (6%).
La reconnaissance pose question
Près des trois quarts des salariés interrogés estiment que leurs objectifs de travail sont réalistes (74%) et que les missions qui leur sont confiées sont stimulantes (71%). Les diplômés du supérieur (74%), les cadres supérieurs (78%) et les interviewés ayant des fonctions d’encadrement (80%) sont plus enclins à reconnaître que les tâches qui leur sont confiées sont motivantes.
Si ces enseignements vont à l’encontre du discours ambiant sur le rythme de travail dans les grandes entreprises, il faut souligner que seule une personne sur deux considère que son implication professionnelle reconnue à sa juste valeur par l’entreprise (51%), ce qui est l’indice d’un problème de reconnaissance des salariés.
Confortant cette distorsion entre la stimulation des tâches et l’absence de reconnaissance, près d’un salarié sur deux estime être perdant entre ce qu’il apporte à l’entreprise et ce qu’il en reçoit (47%).
Les rémunérations reflètent insuffisamment l’implication
Le constat d’un retour sur investissement plutôt défavorable aux salariés transparaît également sur la question de la rémunération. Ainsi, seule une courte majorité d’entre eux juge que leur rémunération actuelle prend bien en compte leurs compétences (55%) et leurs performances (52%, +12). Même si l’écart s’est réduit en un an, les salariés jugent toujours que les compétences intrinsèques du salarié priment sur son implication. Ils ne sont d’ailleurs que 43% à considérer leur rémunération comme un juste retour sur leur implication personnelle (+7).
Le management est à l’écoute, mais cela ne suffit pas…
Dans un contexte de sortie de crise favorisant le retour d’une relative forme de sérénité, plus des deux tiers des salariés des entreprises de plus de 1 500 salariés estiment que le management les écoute (68%, +9), mais seul un sur deux juge qu’ils sont respectés par leur hiérarchie (49%, +4). Toutefois, bien qu’en nette progression depuis un an, ces indicateurs restent relativement faibles et l’écart entre l’écoute (qui n’engage en rien les managers) et le respect (plus impliquant) se creuse, seuls 9% d’entre eux déclarant être « tout à fait » respectés. Les interviewés de moins de 30 ans sont nettement plus enclins que leurs aînés à se sentir respectés (80%) ou écoutés (65%). Ces sentiments de considération reculent par ailleurs à mesure que l’ancienneté dans l’entreprise progresse.
*Enquête « les salariés des grandes entreprises françaises et le Capital Humain 2011» auprès d’un échantillon de 1004 salariés d’entreprises de plus de 1500 personnes. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (taille d’entreprise, secteur d’activité) après stratification par région. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne entre le 16 et le 24 mai 2011.
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