Par La Rédaction, le 23/04/2012
Faut-il s’attendre à une montée en flèche du chômage après le 6 mai ? Oui, selon les économistes et les représentants syndicaux interrogés par le journal Le Monde (20/04/2012), laissant entendre que la campagne présidentielle a un effet de retardement sur la progression du chômage.
Attentisme des entreprises ?
Il ressort de l’article qu’un certain nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE, ex-plans sociaux) ont probablement été différés et seront mis en œuvre dès l’issue du scrutin présidentiel ou après les législatives. Qu’ils aient été retardés pour ménager le bilan du candidat sortant ou dans l’attente de mesures susceptibles de les infléchir dans un sens ou dans un autre ne change rien au fait que personne ne peut dire aujourd’hui combien de PSE sont dans les cartons, ni combien de salariés pourraient être concernés…
Pour rappel, ce ne sont pas les PSE qui ont fait progresser le chômage ces derniers mois : ils ont représenté moins de 3% du total des entrées mensuelles à Pôle emploi. Mais leur « contribution » pourrait augmenter significativement s’ils explosent en nombre et en taille après les élections. Non parce que la victoire sera allée à tel ou tel, mais simplement parce que les prévisions de croissance de l’économie française restent faibles : 0,5% en 2012 et 1% en 2013, selon les dernières prévisions du FMI.
Comme, en dessous de 1,5% de croissance, l’économie française n’est pas en mesure de faire baisser le chômage, l’Insee ne prévoit pas d’amélioration de la situation de l’emploi à court terme : le taux de chômage atteindra 10,1% cet été (contre 9,9 au 31 mars). De son côté, l’Unedic prévoit 3 millions de chômeurs de catégorie A (sans activité) en fin d’année.
L’effet « contrats aidés »
Une baisse du chômage avant 2013 paraît donc improbable. Les mesures avancées par les deux candidats favoris (TVA sociale, exonérations de charges pour l’embauche d’un senior, formation des chômeurs à droite ; contrats de génération et emplois d’avenir à gauche), peuvent elles avoir un effet ? Ce n’est pas impossible. Mais, d’un côté comme de l’autre, l’application de ces mesures coûtera cher à l’État, ce qui est difficilement compatible avec le redressement des finances publiques, dont les deux candidats ont fait leur priorité.
Si le poids des contrats aidés sur les finances publiques se révèle insupportable, le prochain gouvernement pourrait choisir une autre voie, nettement moins populaire auprès des électeurs : la flexibilisation du droit du travail. Un sujet dont on évite de parler pour l’instant…
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