Par La Rédaction, le 03/02/2012
Retour en arrière sur une publication qui prend une nouvelle dimension à la lumière des récents évènements. Le conseil d’analyse stratégique (CAS) a publié en juillet le rapport de synthèse de ses travaux sur le travail et l’emploi dans 20 ans. En ces temps dominés par le court terme et le commentaire à chaud des chiffres du chômage, un peu de prospective non quantitative ne saurait nuire.
Pour établir deux scénarios plausibles, le CAS est parti de cinq questions basiques en apparence mais qui n’en constituent pas moins le fond du débat : Pour quoi travaille-t-on ? Pour qui travaille-t-on ? Comment ? Où ? Et quand ?
Quelle forme de travail dans 20 ans ?
Selon le CAS, les formes de travail devraient évoluer sur la base de deux facteurs principaux : d’une part, le maintien du caractère prédominant du salariat, avec des recompositions internes fortes autour du triptyque salariés stables/sécurisés, salariés “mercenaires” à revenus variables et salariés précaires ; d’autre part, la mutation du travail indépendant et le développement de formes de travail aux frontières floues (multi-activité, portage, franchise…).
Le principe de subordination juridique qui structure le droit du travail devrait s’affaiblir, avec, notamment, le brouillage des frontières des entreprises, le développement du travail en réseau et la confusion croissante entre sphère professionnelle et sphère privée. Les mobilités professionnelles continueront à progresser mais elles seront plus complexes et se feront, pour les actifs disposant de compétences spécifiques et identifiées, au sein de « marchés professionnels » fonctionnant en réseau. Les entreprises s’attacheront plus que jamais à fidéliser les salariés détenteurs des compétences liées à leur cœur de métier.
Deux scénarios contrastés
Le premier scénario envisagé par le CAS est celui d’une accélération technologique et sociétale : les nouvelles formes de travail et de formation se développent (travail nomade, e-learning…) et l’usage massif et généralisé des TIC individualise plus fortement les comportements. La demande d’autonomie des travailleurs et la contestation de l’autorité conduisent à un accroissement du travail indépendant et à des formes de salariat « moins subordonné ».
Le second scénario est celui d’un rééquilibrage et d’un volontarisme des acteurs, soit « l’avènement de nouveaux équilibres favorables à une moindre pression sur le travail et l’emploi » : l’après-crise de 2008-2009 a conduit les institutions internationales à chercher les moyens de réguler le système financier international et à imposer des normes sociales minimales favorisant la protection des travailleurs. Dans les entreprises, le capital humain est de plus en plus pris en compte : elles investissent de plus en plus dans la formation et la sécurisation des parcours professionnels de leurs salariés.
Sur fond de crise des dettes souveraines et de croissance en berne, ce deuxième scénario paraît des plus improbables…
>> Lire la synthèse du rapport du CAS
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